1918-2018 "Je sonne la Paix"


Cette année un dimanche, le 11 novembre suscitait un rassemblement particulier d'autant qu'il se plaçait sous le poids de 100 années de mémoire transmise aux générations futures.

Cinquante voix parmi la Maîtrise et la Schola portaient, par la musique, la prière des fidèles, paroissiens, autorités civiles et militaires au cours de la messe célébrée à 9h15 par Monseigneur Jérôme Beau, Archevêque de Bourges.

Les hommages civils suivaient la célébration, rue de la République.

La cathédrale elle-même chantait la mémoire des nombreux morts aux oreilles des vivants d'aujourd'hui : par la voix de son second bourdon nommé Henri, la cathédrale introduisait peu avant 11h le choeur des cloches de la Ville, du Diocèse, de toutes les églises de France comme au jour de l'armistice de 1918.

La cloche, de 1933, est dédicacée ainsi :

"Je sonne la paix, je prie pour la paix par la voix de ceux qui sont morts pour l'établir dans le monde."

Dans le bronze, elle porte, gravés, les noms des séminaristes et prêtres du diocèse ainsi que 233 soldats recensés dans la seule paroisse de la cathédrale, morts entre 1914 et 1918.

La marraine de ce bourdon-monument aux morts est l'Impératrice Zita de Habsburg-Lorraine. Le parrain est Charles de Bourbon-Busset-Lignières.

Véritable cloche de la paix, la bénédiction de cette cloche date du 12 novembre 1933.

Les cloches de la Paix Après la Première Guerre Mondiale s'effectue la reconstruction en même temps qu'un redémarrage important. A cette époque, les cloches de la cathédrale sont au nombre de 6, héritées de la dernière installation campanaire pour la primatiale datant de 1829 :

1- Guillaume-Etienne, 6.500 kilos, 1er bourdon, remplaçant le bourdon réalisé sur commande du Duc de Berry (futur Louis XVI) en 1761 ; 2- Henri, 3.000 kilos, 2ème bourdon ; 3- Caroline, 2.200 kilos ; 4- Marie-Thérèse, 1.750 kilos ; 5- Cloche des Angelus, 240 kilos.

Dans l’hiver 1843-1844 fut fondue une 6ème cloche : Célestine, 660 kilos, appelée « cloche du Chapitre » car sonnant chaque jour de la semaine les offices du chapitre de Saint-Etienne.

En 1932, la situation était la suivante : - les cloches Henri et Caroline étaient fêlées et hors d’usage ; - la cloche Célestine ou « du Chapitre » et la cloche des Angelus, prévues pour des fonctions propres n’avaient pas été harmonisées avec les autres et ne pouvaient pas être associées au carillon. Il fut donc décidé de conserver le gros bourdon Guillaume-Etienne (Fa) et la cloche Marie-Thérèse (Do), et de refondre les quatre autres cloches pour obtenir des cloches de - 3.714 kilos (La) : Henri ; - 1.463 kilos (Ré) : Daniel-Mathilde ; - 846 kilos (Fa) : Martin-Célestine ; - 613 kilos (Sol) : Louise, afin de les harmoniser.

Un monument-aux-morts sonore

Depuis plusieurs années à la paroisse le problème de la réalisation d’un monument aux morts de la Grande Guerre de 1914-1918. Dans les campagnes la réalisation de tels monuments était relativement simple. Pour les paroisses de Bourges le recensement des défunts se révéla très compliqué à établir. Ville de garnison où des militaires avaient résidé sans en être originaires, dont souvent les familles avaient quitté Bourges depuis la fin de la guerre, ou bien dont les noms étaient portés sur des monuments d’autres communes, le recensement des défunts se révéla compliqué. Ainsi le Chanoine Louis Breton, curé de la paroisse de la cathédrale, estimait-il, fin 1932 à « environ 200 le nombre de soldats de la paroisse morts pour la patrie », tout en demandant aux familles « leur aide en nous renseignant ». Le projet retenu fut celui non pas d’un monument traditionnel, mais celui consistant à couler dans le bronze des cloches nouvelles les noms des morts originaires de la paroisse, de la Ville de Bourges, mais aussi du Berry.

Le projet est rédigé en ces termes : « Nous faisons les Cloches de la Paix. Nous gravons sur les nouveaux bourdons les noms des soldats victimes de la guerre qui, par la voix de l’airain sacré, sonneront la paix, prieront pour la paix… Rappelons qu’on accepte les noms des soldats de toute la ville de Bourges, du diocèse entier. La cathédrale est l’église-mère de toute la province du Berry. Les noms qui seraient envoyés des autres diocèses seront acceptés également, autant du moins que la place des gravures le permettra. Bourges n’est-elle pas le cœur de la France ? ». Il était prévu que les nouvelles cloches sonnent le 11 novembre 1933. Mais un retard assez important ayant été pris tant dans la souscription que dans la collecte des noms, la bénédiction des cloches fut fixée au 12 novembre.

Informations : Commission Diocésaine d'Art Sacré

#Cloche #Bourdon #Hommage #Mémoire #Guerre

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